Nouvel eldorado pour des éditeurs nés avec l’essor d’Internet et levier de mutation des entreprises, les réseaux sociaux d'entreprise (RSE) fleurissent dans "l'aspiration" des réseaux grand public tels Facebook, Linkelindl, Viadeo ou Twitter. Simples d’utilisation, les RSE permettent dans l’idéal d’accéder sur un même environnement à une sélection choisie d’informations issues de différents horizons, d’étendre les frontières de l’entreprise aux partenaires et prestataires impliqués dans l’élaboration des produits et services de demain, bref d’accélérer et d'accompagner la modernisation face aux nouveaux marchés.
La présence accrue des grands éditeurs comme Microsoft ou IBM sur ce nouveau marché, la multiplication des communautés de pratiques dans les entreprises, placent les réseaux sociaux sur Internet au-devant de l’actualité. Le passage en production d’un grand nombre de projets illustré en exemples dans ce dossier par le témoignage de deux représentants d’entreprise, met en pratique les arguments développés par les éditeurs et les SSII. « Ce n’est pas l’outil qui va créer la communauté si elle n’existe pas », rappelle en encadré une chef de projet du groupe Orange. Pour le moins, il renforce le lien social, illustre par ailleurs le chef de projet Web de l’Unédic. 2010 sera-t-elle l’année de l’entreprise 2.0, comme le prédit une étude publiée ce mois par le cabinet Forrester Research * ? Editeurs, consultants et utilisateurs ont leur propre lecture de l’avenir de ce nouveau marché.
Levier d'aide à la transformation
« Avec 400 millions d’abonnés dans le monde, des réseaux sociaux comme Facebook impactent significativement notre sphère personnelle et, par extension, professionnelle », commentent des consultants du prestataire Logica. Des outils de communication séduisants par leur portée, mais surtout par leur simplicité d’utilisation. Ils représentent au niveau de l’entreprise, un moyen pour accélérer les échanges d’informations interpersonnels et donc, potentiellement, pour accroître la productivité de chacun. « Un outil de type Facebook est la promesse de disposer sous une même interface et à un même niveau, une masse d’informations ciblées issues de nombreuses sources », rappelle Raphael Stofer, consultant du département « gestion des connaissances et collaboration » de Logica. « Un équivalent professionnel de tout média social, comme se désigne désormais Facebook, est utilisable comme levier pour accompagner l’entreprise dans l’évolution de son activité », complète Marc Trilling, directeur de la même division de Logica.
En pratique, motivations et aptitudes diffèrent selon le cas spécifique de chaque entreprise. Restructurée en profondeur en janvier 2009, à l’occasion de la fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC, l’Unédic chargée de la gestion de l’assurance chômage, a vu sa mission évoluer et ses effectifs fondre, passant de 14000 à une centaine actuellement. « Pour appuyer cette mission, nous avons mis en place une stratégie complète de communication », commente Dominique Salles, chef de projet Web. De cette stratégie est née plusieurs sites de communication externe (Unedic.org, infounedic.org) et un réseau social interne.
Penser "entreprise étendue"
La solution Blue Kiwi retenue par l’Unédic, visait à décloisonner les services, favoriser les échanges d’informations, accompagner la gestion des projets et surtout remettre du lien social dans une entreprise bouleversée dans son fonctionnement. Un annuaire « riche » renseigne sur l’activité de chaque employé, ses projets en cours et les personnes qui l’accompagnent dans ces démarches. Déployé auprès de tous les employés, d’avril à septembre 2009, cette fonction a reçu une large adhésion des intéressés. Le développement de son effet collaboratif prendra en revanche plus de temps, estime en substance Dominique Salles : « Dans un tel projet, nous devons prendre en compte, à la fois, les usages, le management et la culture de l’entreprise ». Une entreprise, en l’occurrence, historiquement organisée sur le modèle 1.0. « Des entreprises comme la nôtre sont construites sur des schémas inverses du fonctionnement de ces outils », confirme-t-il. Leur adoption passe donc par une phase importante, toujours en cours, d’évangélisation auprès des intéressés. Un « responsable des communautés » recruté à cet effet, participe à cette action. Ce projet étalé sur plusieurs années, aura déjà permis d’identifier en interne et de recruter le responsable éditorial Web de la nouvelle entreprise. Il aura aussi grandement facilité les échanges avec des prestataires externes, intégrés depuis le début à ce réseau social. « Lorsque l’on met en place un réseau social, il faut penser entreprise étendue », tranche convaincu Dominique Salles.
Multiplication et spécialisation des acteurs
Ce que proposent d’ailleurs dans leur offre actuelle, plusieurs éditeurs spécialisés comme Blue Kiwi et d’autres acteurs issus du collaboratif comme IBM/Lotus. Le groupe américain est rejoint sur ce créneau par son compétiteur Microsoft, avec la version 10 de Sharepoint évoquée plus en détail dans le précédent numéro d’Intranet Infos.
Commercialisée depuis l’été dernier, la version 2.5 de Lo



