L’usage d’un réseau social d’entreprise ne se fait-il pas au détriment de l’intranet ?
Dans mon métier d’animation de communautés, le RSE apporte une brique complémentaire aux environnements collaboratifs que nous connaissions jusqu’à présent. La vocation de ce nouvel espace « conversationnel » est de favoriser la recherche d’information ou de croiser des compétences rares. Cette fonction n’est donc pas redondante avec l’échange ou l’élaboration de documents formalisés dans l’intranet.
Cela a-t-il été compris de la même manière par toutes les communautés du groupe ?
Si notre direction des systèmes d’information s’est rapidement appropriée l’outil pour ses propres communautés, en revanche d’autres avancent plus prudemment. La direction de la communication a eu dans un premier temps la crainte que le RSE ne fasse concurrence à l’intranet. Mais elle a rapidement compris la différence d’usage et porte le dossier. Cela lui permettra de faire évoluer ses propres communautés vers plus d’interactivité. Peu à peu, la direction des ressources humaines manifeste de l’intérêt pour le RSE. Elle a compris la valeur ajoutée qu’il y avait à laisser les personnes elles-mêmes enrichir leur profil tout en gardant la main sur certains paramètres.
Avez-vous étudié le retour sur investissement du RSE ?
Certes ces solutions coûtent cher surtout quand le modèle de facturation choisi par certains éditeurs en mode SaaS s’appuie sur le nombre d’utilisateurs potentiels et non sur les contributeurs réels. Cependant, avant d’étudier les effets sur la productivité des utilisateurs, il me semble prioritaire de raisonner en terme de risque. En effet, sans outil interne mis à leur disposition, des salariés peuvent être tentés de créer leurs propres communautés sur des réseaux sociaux grand public. C’est alors non seulement un vrai manque à gagner pour l’entreprise mais elle prend aussi le risque d’être plus facilement dénigrée. Avec un RSE, l’autorégulation des propos se fait naturellement et les échanges sont plus constructifs.



