
« Consumérisation de l’IT » : éditeurs de solutions d’intranets, de réseaux sociaux d’entreprises ou de GED, semblent s'être donné le mot !
Traduction : aujourd’hui, les salariés attendent de leur intranet les usages qu’ils connaissent du Web à la maison et dans la rue. La vague du moteur de recherche version Google puis la déferlante Facebook ont fini par démoder la navigation sur les portails d’entreprise. Voici donc bel et bien révolue l’époque d’un intranet confortablement à l’abri des tempêtes libertaires du World Wide Web et des marées « d’apps » pour téléphones mobiles et tablettes tactiles.
« Il y a un décalage flagrant entre l’équipement à la maison et celui du bureau : les salariés utilisent à leur domicile des ordinateurs plus légers et plus puissants que sur leur lieu de travail. Ils se connectent et partagent des informations, n’importe où avec leurs smartphones. Et ils retrouvent au travail un intranet figé dans un modèle vieux de dix ans » déplore Antoine Perdaens, CEO de Knowledge Plaza, éditeur d’un réseau social d’entreprise (RSE).
Au bureau comme dans la rue et à la maison
Le binôme « social et mobilité » donnent le « la » des offres qui préparent l’avenir de l’intranet. La porte d’entrée du web-privé sera donc le RSE à partir duquel tout appareil sera connectable et toute information diffusable : conversation, données, documents, applications métier, contenus multimédia. «Les termes d’intranet et de RSE sont réducteurs. Il s’agit encore moins d’un Facebook d’entreprise. La notion de plate-forme communautaire ouverte, fortement intégrée aux systèmes d’information et processus métiers de l’entreprise est plus juste » pense Tarik Lebtahi responsable de la stratégie communautaire chez Dassault Systèmes. La période d’évangélisation terminée, une nouvelle ère s’ouvre, les décideurs seraient donc près à hisser le pavillon « 2.0 » sur leur intranet ou même à remiser ce dernier dans la catégorie "espèce en voie d’extinction". « Les entreprises sont convaincues de la valeur ajoutée d’un RSE, même si le retour sur investissement n’est pas vraiment démontré » remarque Na-Young Kwon, chef de produit Sharepoint chez Microsoft. Et pour partager en réseau, il n’est plus nécessaire d’argumenter sur l’arrivée en masse dans la vie active des natifs du numérique : pour preuve, sur le RSE de la firme de Redmond, la moyenne d’âge des contributeurs est de 42 ans !
Les éditeurs sont leurs propres cobayes
Ainsi, la mise à flot des échanges transverses commencent chez les éditeurs eux-mêmes. Chez IBM, l’intranet 2.0 s’est d’abord construit pour les besoins « maison ». Tout comme leurs compétiteurs, les employés de la compagnie sont les propres explorateurs des solutions qu’ils installeront chez leurs clients. Ils ne conçoivent plus seulement des technologies mais « co-produisent en grandeur réelle de nouveaux usages » dixit IBM. En étant les premiers chaussés, les cordonniers se donnent comme défi de prouver eux-mêmes (et à eux-mêmes) les vertus de l’innovation en mode 2.0.
« Aujourd’hui l’annuaire des 400 000 « IBM’ers » est au cœur de notre intranet. Il est associé à l’outil de DRH qui gère la CVthèque. Mais chacun est libre de gérer son profil en fonction de ses compétences et des projets auxquels il participe» précise Renaud Raffaelli, chef de marché solution Lotus software chez IBM.
Chez le français Dassault Systèmes, l’environnement communautaire baptisé DS SW YM (See What You Mean) a marqué en 2008 la rupture totale avec l’intranet hérité des années 90 et 2000. « Nous avons fait le pari de déployer un environnement de nouvelle génération, favorisant l’implication de l’ensemble des métiers et fonctions du groupe. Chacun contribue ainsi à la transformation et au succès des projets d’entreprise. Cela est au cœur de notre stratégie de Social innovation » commente Tarik Lebtahi. Aujourd’hui, les 10 000 collaborateurs du groupe répartis dans 80 pays ont déjà formés 2500 communautés sur cette plate-forme progressivement étendue aux clients et partenaires.
Le système d’information se "socialisera"...
La feuille de route de la nouvelle génération d’intranet sera donc de « socialiser » l’existant. Le RSE doit louvoyer au travers du patrimoine de documents, de données, d’applications et d’images présents dans le système d’information. « il fera le lien entre tous ces intranets qui ne se parlent pas » prédit Antoine Perdaens. Le portail GED ne sera plus un monde réservé aux seuls experts métiers, son contenu sera accessible sur une Web App.
« Les partenaires de l’entreprise pourront le consulter par l’extranet, faire des commentaires et donner leur avis sur les documents pour améliorer un dispositif. Le capital informationnel sera plus simpl
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e d’accès grâce à des technologies disponibles dans le grand-public» détaille Jean-Louis Sadokh, Pdg d’Azur Technology, éditeur de solution de GED.
Les processus seront contextualisés

Cette « socialisation » pourrait même aider à améliorer les processus en place. « Le RSE est l’élément structurant de la transformation de l’intranet mais l’objectif n’est pas de passer d’un bazar A à un bazar B. Ma conviction est qu’il y aura des RSE privatifs qui feront le lien avec les applications métier, pas des communautés de pratiques, mais bien l’ensemble des intervenants d’une chaîne. Ils donneront leur avis par exemple pour améliorer les processus de gestion de la relation client » pense Alain Garnier, co-fondateur de Jamespot, éditeur d’un RSE. Et l’information ne pourra être correctement partagée sans l’apport d’un moteur d’analyse sémantique et de recommandation de contenus. L’information sera contextualisée par l’apport de ces outils. L’objectif étant de faciliter la mise en relation d’expertises qui ne se croiseraient jamais sans cela.
Un RSE accessible partout
Chez Microsoft aussi le RSE n’a d’intérêt que s’il s’intègre à l’existant. « Mais il doit aussi être accessible partout où que l’on soit sur les smartphones, les postes de télévision, les consoles, tablettes tactiles et tous les futurs appareils qui entreront dans notre quotidien » ajoute Na-Young Kwon. En effet, l’intranet « maison » est le principal vecteur de la communication interne, chez Microsoft l’on peut voir à la pause, des contenus de l’intranet diffusés sur des postes de TV interactifs installés près de la machine à café. Le prochain défi des éditeurs sera donc de rendre interopérable les technologies de l’intranet à la kyrielle d’appareils communicants qui consulteront, ou même alimenteront en contenus divers l’intranet.
L’e-mail en sursis, dit-on...
L’intranet social et mobile des années 10 aura-t-il encore besoin de la messagerie du XXème siècle ? Impossible de contourner le débat sur la mort de l’e-mail. Mais il est encore difficile pour IBM et Microsoft d’enterrer l’ancêtre du travail collaboratif et de la conversation asynchrone. « Dommage de perdre un si bel outil ! On en faisait une mauvaise utilisation parce que l’on avait que ça sous la main. Mais aujourd’hui lorsque que l’on implémente le RSE, la boîte e-mail explose de notifications !» plaide Na-Young Kwon. « Nous encourageons l’intégration du RSE pour moins perdre de temps sur la messagerie. Pour rester productif il faut une seule entrée pour éviter de jongler avec les différents modes de communication » concède Renaud Raffaelli. Pour Antoine Perdaens « supprimer l’usage de l’e-mail en interne est possible, en revanche la messagerie restera encore utile pour la relation avec le monde extérieur ». De son côté Tarik Lebtahi pronostique une diminution naturelle d’échanges d’e-mails qui seront davantage dédiés à la communication de personne à personne.
Qui donc tiendra le gouvernail ?
Si cette nouvelle génération d’intranet a l’ambition affichée de mettre « l’humain au centre du numérique » ou encore « de démocratiser l’innovation », elle introduit inévitablement un nouveau paradigme dans l’organisation de l’entreprise. Tout comme le Web.2.0, l’intranet « social » abolira les intermédiaires et effacera donc le pouvoir de la hiérarchie telle qu’elle existe actuellement. Les subordonnés trouveront l’information et la reconnaissance au travers des échanges avec leurs pairs. La charte d’utilisation de l’intranet sera co-rédigée par les utilisateurs eux-mêmes. Déjà apparait chez les précurseurs une mutation du management intermédiaire en management de communautés. L’intranet d’après-demain naviguera-t-il en pilotage automatique ?
Azur Technology transforme sa GED en Apps !

Spécialiste de la dématérialisation des documents, l’éditeur lyonnais travaille à rendre la gestion électronique de documents intuitive au travers d’une interface baptisée «Xemii ». Cette interface permet la consultation des documents en mode simplifié et en « full text ». Une mutation qui s’accompagne aussi de l’intégration dans la GED de la capture de documents par smartphone. Les prochains mois seront donc consacrés à améliorer les techniques d’acquisition, de lecture et d’indexation des documents photographiées avec des téléphones mobiles.
Dassault Systèmes adaptera sa plate-forme communautaire aux métiers de ses clients

Le fleuron de l’industrie française du logiciel songe à proposer à l'extérieur DS SwYm (See What You Mean), l’environnement collaboratif créé ex-nihilo pour ses propres besoins et déployée à ses 10 000 collaborateurs depuis près de 3 ans. Cette plate-forme communautaire serait adaptée aux particularités des onze secteurs représentatifs de ses 140 000 clients (banques et assurances, mode, biens de grande consommation, architecture, construction, transports, énergie...). L’éditeur, leader mondial du logiciel 3D, n’a pas manqué d’introduire son savoir-faire technologique en matière de modélisation. La visualisation en trois dimensions sera une composante importante de cet environnement nouvelle génération. Elle ne se cantonnera pas à la seule représentation de produits industriels, mais se déclinera autour de services permettant de visualiser les degrés de proximité, les sujets d’intérêts, les graphes sociaux, l’interaction entre données disponibles au sein et à l’extérieur de l’entreprise. Le moteur de recherche sémantique Exalead, entré dans le giron de DS depuis juin 2010, est un autre pilier incontournable. Il donne accès au patrimoine intellectuel disponible en temps réel, aux données pertinentes, aux propositions de suggestions d’informations et de personnes afin d'apporter sens et valeur aux échanges.
IBM prépare la fusion des flux

La compagnie américaine centenaire emprunte au vocabulaire du labeur ancestral pour donner la tonalité de sa stratégie pour l’intranet de demain. En effet, les outils pour créer les futurs intranets se forgent au travers du projet Vulcan. L’ambition est donc de fusionner l’ensemble des flux de l’entreprise. Les messages, chats, notifications, RSE, blogging, seront vus au travers d’une interface unifiée. En attendant, aux offres actuelles s’ajoute l’ingrédient « social » : ainsi la prochaine version de Notes comprendra deux onglets, l’un pour les e- mails et le second pour le RSE. Sa plate-forme réseau social IBM Connections intégrera l'analyse de contenus et les recommandations.
Jamespot socialise les progiciels métiers

La start-up française creuse son sillon sur l’approche « Social Ready », autrement dit l’intégration au réseau social d’applications professionnelles de gestion, de finance, de ressources humaines, de services aux clients etc...
L’idée est de partager ces gisements d’information pour améliorer les processus de l’entreprise. Chaque métier travaillera sur son propre écosystème dans des zones « privés » en se connectant à la plate-forme Jamespot, disponible en mode Saas.
Knowledge Plaza évangélise la curation
Copyright Whatever SALe leitmotiv de cette start-up belge est de déplacer les conversations de l’e-mail vers le RSE. Pour ce faire, sa botte secrète est d’analyser les contenus échangés pour les mettre en relation les uns avec les autres : une information, un document, une conversation sur un chat,etc... pourront donc se croiser s’ils traitent du même thème, autrement dit la "curation" selon le terme anglo-saxon. Son offre a donc l’ambition d’être la clé qui rend interopérable tous les intranets et les messageries présents dans l’entreprise.
Microsoft met le cap sur l’intégration de la mobilité

L’éditeur américain poursuit la « socialisation » de ses produits phares : Sharepoint pour l’environnement technique, Office pour la partie bureautique. En 2012, sortira la vague 15 d’Office qui poursuivra sa marche vers le collaboratif social. L’agrégation des différents flux de l’entreprise se fait à partir d’Office Link, la version professionnelle de la messagerie instantanée MSN. Mais l'éditeur va redoubler d’effort sur la partie « mobilité ». En effet, l’hégémonique champion de la bureautique PC est devenu challenger d’Apple et de Google en matière de bureautique mobile. L’accent sera donc mis dans les prochains mois sur l’interopérabilité de Windows phone 7 avec Sharepoint, mais aussi avec l’ensemble des systèmes d’exploitation présents sur le parc de téléphones mobiles intelligents.
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