Comment est organisé votre Intranet ?
Nous disposons d'un Intranet unique pour l'ensemble des 9000 salariés. On trouve à l'intérieur de ce portail toutes les applications informatiques destinées aux différents métiers du groupe. Auparavant, l'Intranet permettait uniquement de diffuser de l'information et de la documentation. Depuis un an, nous avons décidé d'aller plus loin et de mettre en place une nouvelle version de l'Intranet, collaborative, que nous avons appelé Maia. Les utilisateurs peuvent ainsi commenter les informations – un peu à la Facebook – et produire leurs propres contenus documentaires, via un wiki ouvert à tous. Chaque service créé ses propres documents et les partage librement.
Vous avez fait le choix de logiciels libres. Pour quelles raisons ?
Nous avons en effet choisi des interfaces open source, issues du monde libre. Cela nous a semblé la meilleure solution pour favoriser l'appropriation par les utilisateurs et s'assurer d'une mise en place rapide. Nous étions d'ailleurs partis sur l'idée d'une plate-forme totalement ouverte. Mais certains sujets sensibles demandaient à être protégés. Tout le monde utilise donc le même outil, tout le monde peut émettre de l'information. Mais pour certaines thématiques, les accès de consultation sont protégés.
Sur les 9000 salariés, combien participent activement à la création d'information ?
Je dirais de l'ordre de 1500 à 2000 personnes. Nous avons constaté que le collaboratif n'est pas un usage spontané. Si les personnes ne se sentent pas expertes d'un sujet, elles hésitent à échanger. Nous avions pourtant comme sponsor le DG et nous avons en amont beaucoup communiqué, pour expliquer qu'il n'y avait justement pas les experts d'un côté et les non-experts de l'autre.
Nous avons ensuite fait le tour de France pour expliquer, montrer l'outil et témoigner de la manière de se l'approprier. Je pensais que le bouche à oreille et l'efficacité du processus aideraient à une montée en puissance encore plus rapide du collaboratif. Mais malgré la communication, chacun pense toujours que sa situation de travail est différente de celle de son collègue. Néanmoins, les usages se développent dans le groupe. Et certaines populations s'emparent plus vite que d'autres de l'outil. C'est le cas des collaborateurs qui sont issus d'autres horizons, qui ont changé de poste ou de métier ainsi que celui des plus jeunes qui n'hésitent pas à partager leurs connaissances.



