Quel est selon vous l’impact des nouvelles technologies en général et des outils issus du Web 2.0 sur le fonctionnement de l’entreprise et de sa communication ?
Les nouvelles technologies collaboratives fluidifient le transfert du savoir et auront, à ce titre, un impact de plus en plus structurant sur le rôle du management intermédiaire. Pour l’instant, le manager contrôle le rythme et la passation d’informations transmises dans son secteur, mais les nouvelles technologies vont remettre en cause profondément et à brève échéance ce mode de fonctionnement. Comme disait le DRH de Vivendi Stéphane Roussel, le manager doit se repositionner en facilitateur, en coach vis-à-vis de ses subordonnés. Avec le développement des nouvelles technologies, les anciennes postures ne peuvent plus perdurer, au risque de remettre en cause le développement des projets en cours. Lorsqu’elles sont utilisées pour entrer en relation avec les clients de l’entreprise ou ses réseaux de prestataires, elles permettent de capter des idées nouvelles et d’accélérer le transfert des informations.
Cabinet conseil spécialiste du management par les technologies, que dites-vous aux managers de grandes entreprises confrontées à un malaise social patent ?
Nous fournissons à la fois du conseil, du service et de la technologie en mode service (SaAS) pour aider les entreprises à aligner le plus rapidement possible les organisations avec les nouvelles orientations stratégiques. Par cette action, nous pensons accélérer la formation du premier niveau de management, pour laquelle les entreprises consacrent à ce jour des budgets importants. Une fois que les entreprises ont défini leurs orientations stratégiques, nous intervenons dans la conception et le développement de portails de formation. A ce jour, ils fédèrent 1,5 million d’apprenants répartis chez 200 clients. Par ailleurs, nous assistons les entreprises dans l’élaboration de séminaires destinés à mieux gérer le stress au travail et l’emploi du temps des intéressés.
Un environnement collaboratif est un espace social en lui-même. Nous proposons d’inciter les collaborateurs de nos clients à profiter de ces environnements pour engager des conversations sur des thèmes préalablement définis, centrés par exemple sur les bonnes pratiques de leur profession. Charge à nous ensuite d’élaborer un plan d’animation à partir du feed-back des participants, puis de construire les différents éléments de cette formation. Nous nous appuyons sur des concepts mis au point à partir d’autres expériences, pour construire une première palette de formations et conserver en réserve un porte-folio de scenarii différents.
Quel regard portez-vous sur les nouveaux espaces collaboratifs nés d’Internet et du Web, comme les micro-blogs ?
Ces nouveaux outils ouvrent selon moi des perspectives de déclinaisons pratiques intéressantes dans un contexte B2B. Avec des outils comme Twitter ou Delicious par exemple, on obtient un rapport signal / bruit de bon niveau. Ils permettent de rentrer en contact assez facilement avec différents interlocuteurs et, finalement, de se connecter à des « clusters » de savoir. En revanche, la dispersion occasionnée par la présence de ces différents outils m’apparaît comme un frein au développement de ce type de communication. L’alignement de ces outils avec les besoins des entreprises devrait permettre d’en rationnaliser l’usage. Les opportunités et les avantages sont alors plus importants que les éventuelles dérives d’une telle communication.
Ainsi, chez Cisco, la transformation de l’organisation vers un environnement collaboratif avec les outils afférents, lui aurait permis d’enregistrer pendant l’année 26 initiatives de portée stratégique émises par ses employés, contre une seule précédemment.



