L’accès à un réseau social représente une opportunité pour chaque utilisateur de dépasser son statut de lecteur, pour créer et gérer sa propre identité numérique. La plate-forme technique lui fourni des services de conversation, de partage, de mise en relation, de recherche ou de suivi, de nature à faciliter les interactions entre ses membres. Peut-on pour autant évoquer les notions d’intelligence collective, d’entreprise étendue et d’e-réputation auxquelles la littérature associe les réseaux sociaux ? Seul l’usage sur le long terme nous le dira. Les réseaux sociaux d’entreprise présentent en revanche des avantages immédiats.
Rupture culturelle et innovation progressive
En plaçant le salarié au premier plan de l’organisation, les RSE valorise son expertise, lui permet de se présenter, de partager des ressources (liens, publications, documents, etc) et d’échanger.
Ces fonctions ne constituent qu'une évolution des outils existants, une « couche 2.0 » aux forums et espaces collaboratifs déjà implantés dans les entreprises, pourrait-on facilement objecter. Certes, mais ces évolutions modifient radicalement la mise en scène et l’ergonomie de l’outil.
En pratique, si les RSE peuvent présenter l’apparence d’outils collaboratifs classiques, ils peuvent aussi adopter une organisation « égocentrée » fondée sur le principe de la publication volontaire de documents dans des espaces personnels. Des documents auxquels d’autres membres de la communauté pourront accéder et réagir, contribuer… Dans ce cas, il n'y a plus de gestion, ni de classement centralisé, mais la constitution d'un nuage thématique de contributions et un réseau d'individus.
Dynamique collective et démarche individuelle
Contrairement aux outils de communication et de travail collaboratif, dont l’usage efficace nécessite une certaine simultanéité, chaque collaborateur peut initier son profil sur le RSE et mettre à disposition des liens, des documents... Il peut contrôler l'intérêt suscité par ses contributions et entrer en contact avec des collègues par affinités ou initier des collaborations improbables.
A défaut, d'être contributeur sur le RSE, les collaborateurs sont a minima lecteurs. Ce fonctionnement laisse le temps et la place à un mode de diffusion des pratiques par contamination.
Proposer ainsi une nouvelle forme de partage et de communication susceptible de mieux répondre aux attentes des utilisateurs conduit à faciliter et à démultiplier les échanges au sein de l'organisation. Différentes mises en scènes et différents rythmes peuvent être choisis. A défaut de développer de "l'intelligence collective" immédiatement, l’organisation a tout à gagner à initier le développement de son propre réseau social interne. Les offres SaaS (paiement à l’usage) des technologies afférentes limitent du reste grandement l’investissement initial.



